Telephone de Bell

 

 

TÉLÉPHONES

 

ET

 

PHONOGRAPHES

 

ÉTUDE COMPLÈTE DE CES INVENTIONS

 

PAR

 

ALFRED NIAUDET

 

Ingènieur civil

 

 

 

PARIS

 

LIBRAIRIE POLYTECHNIQUE

 

J. BAUDRY, LIBRAIRE-ÉDITEUR

 

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PREMIÈRE PARTIE

 

CHAPITRE II.

 

TÉLÉPHONE DE BELL.

 

 

Emploi de l’instrument.

 

Les personnes qui essayent pour la première fois le éprouvent un mécompte; elles entendant mal.  Il faut se tenir en garde contre cette première impression.  Il faut comprendre qu’il est difficile d’entendre, si l’on se trouve placé dans un endroit où il y a un grand bruit.  Dans les expériences publiques, notamment, les personnes qui mettent l’orielle au téléphone sont singulièrement gênées par la présence dans la salle d’un grande nombre de personnes qui parlent entre elles et produisent un bruit général et ambiant, duquel il est difficile de s’isoler.

 

Pour rendre l’audition nette, il y a un grand avantage à employer deux téléphones; on les place un à chaque oreille comme le montre la figure 5, en ayant soin de les bien appliquer contre le pavillon de l’orielle afin d’arrêter autant que possible les sons étrangers et de les empêcher de venir frapper le tympan.

 

 

D’ailleurs, quand on engage une correspondance, il est utile de maintenir constamment un instrument à l’oreille pour ne rien perdre des interruptions on des paroles coupées de son interlocuteur; cela est rendu possible par l’emploi de deux appareils dont un seul est transporté de la bouche à l’oreille.  C’est là ce que la figure 6 est destinée à montrer.

 

 

En général, quand les personnes non habituées font des expériences, il arrive que chacun veut entendre et que personne ne se donne la peine de parler.

 

Pour réussir, il faut quelque attention ou un peu d’habitude; il faut, pour ne pas mettre à une rude épreuve la patience de son correspondant, ne jamais cesser d’écouter avec un appareil et lui dire un mot de temps à autre pour lui montrer qu’on l’écoute et qu’on le comprend.

 

D’ailleurs, il n’est pas nécessaire de parler très-haut et l’addition est tout aussi nette quand on parle bas que quand on crie.

 

Nous insistons sur la faiblesse des soins transmis, parce que beaucoup de personnes trompées par les articles à sensation des journaux quotidiens, sont étonées de mal entendre et s’attendent, sans s’en rendre bien compte, à entendre leur interlocuteur au travers d’un fil électrique, comme s’il était à côté d’eux sur le même canapé.

 

A l’occasion des inventions extraordinaires auxquelles cet ouvrage est consacré, les journaux politiques ont presque constamment mêlé des récits imaginaires et des projets tout à fait saugrenus à l’exposition des faits acquis à la science, faits qui tenant du merveilleux ne demandaient cependant aucun encadrement romanesque.  Dans ce mélange de sérieux et de non sérieux, le public s’est embrouillé et a été amené à s’étonner de ce que ce qui est si extraordinaire ne le fût pas encore davantage.          

 

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